Pour le sport

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Assemblée du sport : « Entre bonnes intentions et réalités »

Le 29 juin dernier, l’assemblée du sport rendait compte devant la ministre des préconisations retenues dans son processus de travail. Beaucoup de recommandations, 313, et de bonnes idées.   Mais la philosophie générale du projet interroge.   L’insistance apportée, par exemple, à envisager le sport sous l’angle de la santé et de la cohésion sociale. Certes le sport est bénéfique à la santé publique comme au lien social. Mais en aucun cas le sport ne se dissout dans ces objectifs. C’est d’émancipation humaine dont il s’agit à la fois dans le rapport de chacune et de chacun à son corps et dans notre rapport aux autres.   L’atelier « gouvernance » a produit un travail intéressant qui débouche sur la création d’une « conférence nationale du sport ». Un lieu de rencontre et de transparence pour définir des orientations en matière de politique sportive est toujours appréciable.   Mais deux questions au moins minorisent cette démarche.   La composition de cette conférence d’abord qui reste dans la trame fixée par la Ministre. Ce sont  « ceux qui payent qui décident ». Cela conduit à sous estimer constamment la place de la société civile, des syndicats et des usagers dans la concertation.   Le nombre de participants à cette instance sera déterminant pour une bonne représentation de tous. La ministre souhaite que celui-ci ne dépasse pas vingt membres, c’est insuffisant pour représenter la diversité des acteurs du sport.   Ensuite, cette conférence ne donnera aucun avis sur les lois, contrairement au Centre national des Activités Physique et Sportives (CNAPS). C’est limiter pour le moins la concertation.   Au-delà de la question de la gouvernance, c’est du modèle sportif français dont il est question. Il doit évoluer mais en respectant ce que le président du CNOSF appelle les « fondamentaux » : l’autonomie du mouvement sportif et l’unicité du sport. Sans oublier que l’Etat a un rôle important à jouer pour l’éducation et pour le soutien au haut niveau par l’intermédiaire des cadres techniques nationaux dont le nombre n’a pas augmenté depuis 15 ans.   Au moment même où la ministre souhaite une France « 100% sport », tous les actes de son gouvernement conduisent en fait à la régression.   C’est « moins » de sport à l’école, « moins » d’emplois avec l’application de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), « moins » de professionnels en charge des missions sport dans les directions départementales et moins de CREPS. Toutes ces évolutions se réalisent sous le signe de la réduction de l’intervention publique jusqu’à la mise en cause à l’horizon 2015 de la mutualisation des crédits d’investissement entre collectivités.   Dans ces conditions, l’ouverture du sport au secteur marchand se développe dans tous les secteurs où il a un intérêt commercial en transformant les activités physiques et sportives en biens de consommations. Et le MEDEF insiste sur la création d’un chèque sport financé par l’entreprise, sous bénéfice encore une fois d’exonération fiscale. Mais cela risque d’encourager à des pratiques individuelles de consommation en dehors de pratiques collectives encadrées par le mouvement sportif lui-même. Les salles de fitness ou la vente à la découpe d’heures de futsall risquent d’avoir de beaux jours devant eux.   Pour faire des activités physiques et sportives (APS) un enjeu pour la France, il faut des moyens financiers, une intervention publique forte et un vrai ministère. Cela suppose également un soutien au mouvement sportif lui-même, afin qu’il puisse assurer véritablement les missions de service public qui lui sont confiées dans le respect de son autonomie.                                                                                                                             Francis Parny Vice-président du Conseil Régional d’Ile-de-France                                                              

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