Pour le sport

Pour le sport
Accueil
 
 
 
 

Francis Parny : "L'assemblée du sport : Entre bonnes intentions et réalités"

« La première étape de l’Assemblée du Sport consacrée à la réflexion et à la consultation s’est terminée aujourd’hui par une restitution de ses travaux en présence de la ministre. Les 313 recommandations présentées comportent bien sûr beaucoup de bonnes idées. Mais la philosophie générale du projet interroge. La ministre a affirmé se fixer comme priorité une France « 100% sport » et la reconnaissance du sport au cœur même de notre société. Objectif louable certes, mais qui se heurte très vite à l’insistance apportée pour que le sport soit envisagé sous l’angle des bienfaits qu’il apporterait à la santé publique et à la cohésion sociale. Ces deux questions sont une conséquence bénéfique pour la société entière de la pratique sportive sans aucun doute, mais le sport en aucun cas ne peut se dissoudre dans ces deux objectifs. C’est toute la question de ces assises. Une bonne gouvernance est une gouvernance qui sert au développement du sport J’ai participé à l’atelier « gouvernance » qui a produit un travail intéressant qui débouche sur un rapport sérieux présentant des préconisations pour la création d’une conférence nationale du sport. Cet organisme de concertation rassemblerait beaucoup d’acteurs « partenaires » du développement des activités physiques et sportives. L’existence d’un lieu de rencontre et de transparence pour définir des orientations en matière de politique sportive est toujours appréciable. Mais il comporte des manques. La composition reste dans la trame fixée par la Ministre qui vise à ce que ce soit ceux qui payent qui décident. Cela conduit à sous estimer constamment la place de la société civile, des syndicats et des usagers. Pour ma part, je pense que l’on rend beaucoup mieux service à la population si on l’associe sous des formes diverses aux décisions. Le nombre de participants à cette instance sera déterminant pour une bonne représentation de tous et la légitimité de cette conférence nationale du sport. La ministre a précisé que son intention était qu’un tel organisme ne dépasse pas vingt membres, c’est insuffisant sans aucun doute pour représenter la diversité des acteurs du sport. Au-delà de cette question de la gouvernance du sport, et même s’il s’agit de développer le modèle sportif français, la question reste posée de sa préservation et de son renforcement. Le président du CNOSF dans une intervention forte, a souligné la nécessité de maintenir l’autonomie et l’unicité du sport. Il a plaidé également pour un soutien public fort, notamment par l’intermédiaire des cadres techniques nationaux dont il a rappelé que le nombre n’avait pas augmenté depuis 15 ans. C’est bien toute la question. Au moment même où la ministre souhaite une France « 100% sport », tous les actes de son gouvernement conduisent à la régression. C’est « moins » de sport à l’école, « moins » d’emplois avec l’application de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), « moins » de professionnels en charge des missions sport dans les directions départementales et moins de CREPS. Toutes ces évolutions se réalisent sous le signe de la réduction de l’intervention publique et favorise l’ouverture du sport au secteur marchand qui se développe pour prendre des parts de marché dans tous les secteurs où il a un intérêt commercial en transformant les activités physiques et sportives en biens de consommations. L’insistance sur le bienfait que constituerait la création d’un chèque sport pour les salariés des entreprises financé par l’entreprise privée elle-même et sous bénéfice bien sûr encore une fois d’exonération fiscale, inquiète. Elle risque d’encourager à des pratiques individuelles de consommation en dehors de pratiques collectives encadrées par le mouvement sportif lui-même. Les salles de fitness ou la vente à la découpe d’heures de futsall risquent d’avoir de beaux jours devant eux. Pour faire des activités physiques et sportives (APS) un enjeu pour la France, une bonne gouvernance est une gouvernance qui sert au développement du sport. Cela suppose des moyens financiers avec une intervention publique forte et un vrai ministère disposant de moyens. Cela suppose également un renforcement des moyens pour le mouvement sportif lui-même et le CNOSF, afin qu’il puisse assurer véritablement les missions de service public qui lui sont confiées dans le respect de son autonomie. »

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.