Pour le sport

Pour le sport
Accueil
 
 
 
 

Hommage à Georges Snyders, communiste, professeur et musicien

 

Tribune d'Anna Musso, publiée dans l'Humanité  le 3 Mai 2011 Déporté d’Auschwitz, chercheur majeur de l’histoire de la pédagogie, le professeur de philosophie et de sciences de l’éducation Georges Snyders a donné une conférence exceptionnelle, à l’occasion de son 94e anniversaire, samedi, au siège du PCF. Samedi dernier, les chaises manquaient tant le public se pressait au siège du PCF pour assister à la conférence de Georges Snyders, organisée à l’occasion de ses quatre-vingt-quatorze ans. C’est en présence de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, que plus de 200 personnes ont assisté à l’hommage rendu au professeur de philosophie et de sciences de l’éducation, à l’homme communiste, déporté d’Auschwitz lorsqu’il était étudiant, et à l’homme amoureux de musique. « Georges Snyders noue un rapport fondamental entre les questions de l’éducation et de la démocratisation », a introduit Patrice Bessac, porte-parole du PCF. Celui qui a obtenu le premier poste de professeur titulaire en sciences de l’éducation à la Sorbonne a toujours milité, que ce soit dans la rue ou dans son enseignement. « Georges Snyders a plaidé les grandes causes d’une école fondée sur la joie d’apprendre et les contenus culturels, luttant contre les inégalités sociales, auprès de milliers d’étudiants », a rappelé Yvon Adam, de la section du 6e arrondissement de Paris dont est membre Georges Snyders depuis 1968. Chercheur majeur de l’histoire de la pédagogie (auteur de multiples ouvrages sur la musique et l’éducation, dont notamment la Joie à l’école, publié en 1986), Georges Snyders a toujours lié engagement citoyen, politique et éducatif. Pour le professeur, la question de la joie à l’école n’est pas naïve, ni béate, elle tient dans l’accès et l’apprentissage des chefs-d’œuvre par tous, apprentissage en lien avec les préoccupations quotidiennes des élèves. Ainsi, la joie est aussi à comprendre au sens d’une jouissance émancipatrice intellectuelle et du pouvoir d’agir obtenu par ce travail collectif. Durant une heure, Georges Snyders est revenu, avec une grande humilité, sur sa déportation à Auschwitz, son parcours d’universitaire, d’homme engagé et de musicien, chaque domaine répondant l’un à l’autre. « Il y a trois hommes en moi : un communiste, un professeur et un musicien, a-t-il commencé. Après Auschwitz, mon problème a été de reconstruire une joie – qui ne pouvait être qu’une joie nouvelle – et aider les autres à y parvenir. » (Voir texte ci-dessous.) Après son engagement communiste, Georges Snyders a retracé son engagement éducatif, rappelant le concept central de sa pédagogie : la joie culturelle à l’école. Le summum de cette joie est atteint dans l’amour des chefs-d’œuvre, qu’ils soient techniques, scientifiques, historiques, littéraires… Le fondamental est d’enseigner des contenus qui puissent donner joie parce qu’ils apportent réponse à des questions que les élèves se posent, a-t-il développé. Enfin, Georges Snyders a fait appel au musicien, soulignant le lien entre la musique et la joie qui le « soutenait dans ses épisodes d’aridité », et son rôle « dans la lutte universelle des opprimés contre leurs maîtres » : « Tous les grands compositeurs ont eu pour ambition de participer aux progrès de l’humanité, à l’élévation des hommes, et de s’adresser aux plus larges couches possible du peuple. » Et Snyders de conclure par l’écoute de deux morceaux de musique, l’un de Mozart, l’autre de Ravel, reprenant un thème expressément mozartien : « Ainsi, Ravel “fait” de Mozart notre contemporain ; le chef-d’œuvre dépasse les époques. » Une démonstration magistrale, en harmonie avec ses concepts, de l’apprentissage dans la joie grâce aux œuvres culturelles. La journée s’est poursuivie par un hommage de Roberto Espinoza, psychanalyste, enseignant en sciences de l’éducation, ami et collaborateur de Georges Snyders, de Serge Reitchess, professeur d’EPS agrégé, membre du centre de recherche EPS et société, et de Stéphane Bonnery, responsable de la commission éducation du PCF. Tous ont souligné l’actualité des théories de Georges Snyders face à la situation toujours plus difficile de l’école. Nicolas Bonnet, responsable à la vie du Parti de la fédération de Paris et de la commission sport du PCF, animait cette journée d’hommages à Georges Snyders.  

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.