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6 ruptures pour donner une nouvelle ambition au sport français

En 2007, le candidat Sarkozy avait fait de nombreuses promesses pour transformer la France en une grande nation du sport.

Depuis, nous constatons surtout une dégradation accélérée du service public du sport :

5 000 postes de professeurs d’EPS supprimés, un budget en stagnation qui n’a jamais dépassé 0,2% du budget national, la fin des DDJS et des DRDJCSC en perte de capacités de mission et d’action, la disparition de 15% des effectifs de fonctionnaires liée au non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite, les fermetures de huit CREPS (laissant ainsi certaines régions sans force d’intervention) mais aussi l'abandon pur et simple de métiers et de missions.

 

Par le démantèlement progressif de cette colonne vertébrale, un ministère des sports de plein exercice présent dans les territoires, c'est tout l'édifice du modèle sportif français qui s'écroule, transférant les pratiques sportives du public vers le privé à vocation commerciale : gestion des installations, manifestations sportives, encadrement des pratiques et formation.

 

Les premières conséquences se font sentir : les besoins en matière d’équipements ne sont plus assurés, les installations sont saturées et les conditions de travail des personnels sont détériorées. Le coût de la pratique repose sur les familles avec une augmentation des cotisations, la vie associative et le bénévolat sont en danger.

Ces dix dernières années, l’État s’est préoccupé avant tout « d’aider les clubs à assumer leur mutation vers l’entreprise de spectacle sportif que la compétition économique et sportive exige » tel que c’est écrit dans le rapport dÉric Besson, « fil conducteur de tout ce qui a occupé le gouvernement ces dernières années ».

 

Un tel modèle conduit à opposer les pratiques entre elles et à penser leur développement selon leur seule concurrence ; il met fin à l’unité du mouvement sportif, ce qui est non seulement dramatique pour le développement général de la pratique sportive en France, mais surtout constitue une impasse pour le sport de haut niveau, tant le vivier du sport amateur et un grand nombre de disciplines sportives seraient de facto abandonnés.

 

Pour redonner une ambition au sport français, nous proposons d’engager six ruptures comme alternative aux politiques libérales mises en œuvre en Europe et France :

Le sport n’est pas une marchandise, c’est un droit !

La spécificité du sport comme activité créatrice de l’être humain doit être réaffirmée, nous devons sortir définitivement le sport des logiques de la concurrence marchande par une nouvelle Loi cadre renforçant le service public du sport. Le budget de l’Etat consacré aux activités physiques et sportives doit être immédiatement doublé et progresser à 1%.

 

Le sport ne peut pas se réduire à un instrument des politiques de cohésion sociale ou de promotion de la santé

Le sport ne doit pas être dilué dans la cohésion sociale ou dans la santé publique. Sa démocratisation exige une politique nationale qui s’adresse à toute la population et à tous les niveaux de pratique. Au-delà de sa fonction préventive, comme toute activité culturelle, le sport doit rester un outil d’éducation, de libération, permettant à chacun(e) de développer ses capacités inventives et créatrices, sa liberté. Nous défendons une politique sportive qui permette à toutes et tous d'atteindre le plus haut niveau possible d'accomplissement de soi.

 

La vie associative doit être un des piliers fondamentaux du modèle sportif français

La vie associative est un pilier essentiel de l’organisation du sport en France. Les clubs constituent autant d’espaces de formation citoyenne. Elle doit être préservée de toutes dérives et concurrences commerciales et soutenue au regard d’objectifs éducatifs et démocratiques par une intervention publique forte et une valorisation du bénévolat. Nous nous engageons à lui redonner toute sa place dans un service public du sport rénové et proposons d’inscrire l’encouragement de l’engagement associatif dans la constitution de la 6ème République en insistant sur la représentation des associations dans toutes les instances de concertation à tous les échelons de la vie démocratique.

 

La démocratie doit devenir constitutive de la vie sportive

L’objectif de citoyenneté passe par la démocratisation et la maîtrise collective des structures d’organisation et de gestion du sport (clubs, fédérations, comités olympiques et sportifs, services publics, entreprises…). L'avenir du modèle sportif français mérite un grand débat démocratique, avec les hommes et les femmes du mouvement sportif, avec les parlementaires, avec les élu-e-s locaux, avec les partenaires sociaux concernés.

 

Promouvoir une  nouvelle éthique

Le sport professionnel, ses manifestations et leur traitement médiatique (championnats, spectacles, événements sportifs nationaux et internationaux), le recrutement des jeunes et leur charge de travail, l’appel aux joueurs étrangers doivent viser des objectifs humanistes de progrès pour toutes et tous. L’ensemble des richesses créées par la haute performance sportive, qu’elles soient culturelles, économiques ou technologiques doivent participer au développement du sport pour l'ensemble de la population.

 

L’Europe doit être un territoire déterminant pour défendre la spécificité éducative du sport et lutter contre sa marchandisation

L’arrêt Bosman en 1995 et l’orientation libérale de l’Union européenne ont accru le caractère marchand et dénationalisé du spectacle sportif ainsi que la privatisation des services sportifs. Malgré une reconnaissance de la dimension sociale et éducative du sport, le traité de Lisbonne impose de fait la libre concurrence et la destruction des services publics en Europe, y compris dans le domaine des activités physiques et sportives. Dans les systèmes scolaires européens, une externalisation de l’EPS au profit d’un « sport à l’école » dans la tradition anglo-saxonne s'instaure progressivement. L'objectif est double : ne conserver que les matières scolaires jugées « utiles » pour l’économie et abandonner à la discrétion du mouvement sportif l’éducation par le sport, au détriment d’une éducation physique et sportive obligatoire pour toutes et tous.

S’affranchir du traité de Lisbonne sera indispensable pour préserver le sport de la marchandisation et construire une autre politique sportive européenne.

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