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Armstrong, tu es mort et nous voulons décrocher la lune

Lance Armstrong est coupable, il a admis avoir triché. Au passage il a volé des millions de dollars, ce qui fait de lui l'un des plus grands voleurs des dernières années. Il doit payer et avec intérêt. La FFC (Fédération Française de Cyclisme) réclame près de 3 millions d'euros et les contrats de l'américain lui auraient rapporté plus 100 millions d'euros au long de sa carrière.

L'affaire ne peut pas en rester là et être simplement « ranger au registre des années sombres de notre sport», telle que le dit la FFC en tirant un trait. Elle révèle tout un système qui détruit le sport et les sportifs eux-mêmes: dopage organisé, corruption, sommes d'argent colossales, soutien politique et médiatisation...toute la lumière doit être faite sur ce système et sur les responsables, cette affaire concerne le présent et surtout l'avenir.

Pourquoi ne pas ouvrir dès à présent une enquête parlementaire comme ce fut le cas, après la grève de l’entraînement de l'équipe de France de football en 2010 ?

L'enjeu de cette enquête est de mettre hors d’état de nuire plusieurs personnes encore susceptibles d’aider des sportifs à se doper, voire les insuffisances coupables des contrôleurs de l’Union cycliste internationale (UCI), ou encore le silence du groupe Amaury, pour le moins conciliant avec les instances dirigeantes du cyclisme. Pourquoi l’organisateur du Tour avait accueilli Lance Armstrong à bras ouverts pour son retour en 2009, en sachant pertinemment comment il avait gagné sept fois l’épreuve ? Comment explique la mise à l'écart progressive de l'AFLD (Agence française de lutte contre le dopage) qui a conduit son Président Pierre Bordry à démissionner en 2010 sans aucune réaction du gouvernement.

Que dire de la responsabilité politique ?

Un rapport de l'AFLD, adressé à la Ministre de la santé et des sports, dénoncerait le traitement de faveur dont aurait bénéficié l'équipe Astana de la part des officiels de l'UCI dans le cadre des contrôles anti-dopage sur le tour de France 2009. Rappelons simplement cette phrase de Nicolas Sarkozy devant le conseil des ministres avant le départ du tour de France 2009 dévoilé par les journalistes : « J’ai de l’admiration pour Armstrong. Ce sont les élites qui le détestent, mais les élites n’ont rien compris. Quand on atteint ce degré de popularité et de performance, ce n’est plus du sport, c’est de la culture ! » avant de poursuivre : « On accuse Armstrong d’être dopé, mais Astérix a bu une petite potion et tout le monde l’adore… » ...

Le nouveau gouvernement a la responsabilité du changement et peut soumettre les conclusions d'une telle enquête à l'Assemblée Nationale pour légiférer avant le départ du prochain tour de France 2013. Il peut rapidement modifier la prochaine loi de finance pour redonner tous les moyens à l'AFLD pour qu'elle assure pleinement sa mission et en toute indépendance.

Autres pistes a creuser : le rapport entre le sport et la santé. Lors d'un entretien avec Christophe Bassons*, « Peut-on envisager un tour de France propre ? », réalisé il y a quelques mois pour la Revue du Projet, celui me disait :

« Nous ne devrions pas accepter la présence de médecins dans les équipes dont le but est de les assister pour la performance. Il faudrait imposer des médecins indépendants aux équipes. Nous devrions avoir une autre approche de la médecine du sport, elle est aujourd’hui trop liée au traitement des symptômes par la prise de médicaments, sans chercher les origines des pathologies. Beaucoup sont dus à un manque de préparation, à l’alimentation, l’hydratation, le manque de récupération voire le surentraînement. L’athlète, comme tout être humain, doit accepter la maladie, la fatigue et la blessure. Il faudrait mettre en place une politique de prévention avec beaucoup plus de phases de récupération entre les compétitions car le dopage est dans de nombreux cas lié à l’amélioration de la récupération. Enfin, il faut former les jeunes à dire non, à refuser le dopage en ayant un avis et en leur donnant les moyens de défendre leurs idée. »

Rien est impossible, il s'agit seulement de convictions et de choix politiques. Alors maintenant, soyez acteurs du changement et prenez le pouvoir.

 

Nicolas Bonnet, responsable de la commission sport du PCF

 

* Christophe Bassons est ancien cycliste professionnel, professeur de sport à la direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale d’Aquitaine. Retrouver son interview en intégralité dans la revue du projet n°18, juin 2012 «  Sport$, l'humain d'abord ! »

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