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Libérer le foot de l'emprise financière (François Perez PCF 38)

 

Gareth Bale, joueur écossais du club professionnel anglais Tothenam, a été transféré au Réal Madrid pour 100 millions d’euros. C’est le plus gros montant enregistré depuis le transfert du joueur portugais Cristiano Ronaldo toujours au Réal, pour près de 90 millions. Le Réal Madrid est le club européen qui dispose du plus gros budget et du plus fort endettement : 600 millions. Ses actifs financiers liés à la valeur marchande de ses joueurs sous contrat s’élèvent à près de un milliard d’euros. Dans le championnat professionnel de la Liga, plusieurs clubs ne sont pas parvenus la saison dernière à boucler leur budget, ne payant pas leurs joueurs à temps ou avec beaucoup de retard ce qui avait conduit ceux-ci à faire grève. Et pourtant, le championnat 2013 - 2014 a repris sur ses mêmes bases,  toujours aussi inégalitaire, dans une disproportion de moyens entre les deux grands clubs du pays et les autres. Ce qui dénature une bataille jouée d’avance. Présent sur le plateau du Grand Journal de Canal Plus mardi 3 septembre et  interrogé sur le montant du transfert de Gareth Bale, Olivier Besancenot s’est trouvé en difficulté pour répondre sur les raisons d’un tel montant. L’intéressé s’est réfugié derrière sa passion du jeu et a esquivé la question. Face à lui, en direct, Zinédine Zidane n’a pas non plus explicité le fondement d’une telle somme pour un joueur de football bottant en touche en ajoutant qu’il valait mieux ne pas se poser de question. Et pourtant si. L’exemple donné par ces sommes de plus en plus extravagantes, voire indécentes, ne correspond pas à ce que communément on qualifie de « valeurs du sport » qu’enseignants et éducateurs cherchent à inculquer aux jeunes sportifs. Les investissements du milliardaire russe dans l’AS Monaco ne masquent-ils pas l’origine douteuse de son immense fortune ? Les investissements dans le PSG du Qatar ne camouflent-ils pas les atteintes aux droits humains, l’archaïsme monarchique qui règne dans ce pays ? Ces masses d’argent mirobolantes et inconvenantes qui circulent dans la sphère du football le transforme en un gigantesque marché où les joueurs ne sont plus que des valeurs d’échange, des actifs financiers monnayables. Les milliardaires (et millionnaires), qui investissent dans le foot ne sont pas des mécènes, des gens passionnés et désintéressés. Ils sont là avant tout pour valoriser leur propre image, leur enseigne, faciliter leur mercantilisme, promouvoir l’idéologie du modèle dominant. Le football est pris en otage. Le sport est détourné de ses objectifs ludiques, humains, sociaux et sociétaux. La bataille que mène aujourd’hui les supporteurs pour le libérer de cette emprise  est plus que jamais d’actualité.  

 

François Perez

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