Pour le sport

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Journée de réflexion sur le sport à Pont de Claix (38)

 

Compte rendu de la journée réalisé par Isabelle Métral, Anne- Marie Guéguen, François Perez

 

« POUR QUE LE SPORT SOIT UN DROIT ACCESSIBLE À TOUTES ET TOUS »

Journée de réflexion sur le sport

Samedi 25 janvier 2014 de 9h à 16h, à Pont de Claix, Isère

 

Enjeu de société,  levier pour l’émancipation, le sport est un droit et non pas, une marchandise. Comment faire partager cette visée aux pratiquants eux-mêmes, aux parents d’élèves qui le finance à 47 %, aux éducateurs, encadrants bénévoles qui se dépensent sans compter ? Le sport engendre une activité économique de 37 milliards d’euros. Il est objet de convoitise et main mise libérale. Il ne peur rester en dehors du débat idéologique et politique. Lancée par le Collectif Sport PCF 38 et le PAG, l’initiative a réuni 31 militants : sportifs, syndicalistes SNEP-FSU, CGT- éducation, Gauche unitaire, Gauche anticapitaliste,  PG, élus, venus de Grenoble, Echirolles, Fontaine, Saint-Martin-d’Hères, Claix, Vienne, Entre-Deux-Guiers, Domène, Varces.

Trois ponts étaient en réfelxion : la réforme des rythmes scolaires, les équipements sportifs, la démocratie et le bénévolat.

 

I.              RYTHMES SCOLAIRES

 

Alexandre Majewski, secrétaire académique SNEP - FSU

Devant cette réforme des rythmes scolaires décidée par le ministre de l’Éducation le SNEP-FSU avance des propositions alternatives selon quatre objectifs :

- Un sport émancipateur plus et mieux d’école, la revendication centrale des forces progressistes

- Pour l’égalité d’accès  à la culture sportive

- Le principe du « tous éducables »

- Refonder un véritable service public démocratisé du sport

Les risques de la réforme

Les arguments  de la réforme : un imaginaire des échecs de l’école publique, au nom des associations d’éducation populaire dont le regard sur l’évolution de l’école passe, par le prisme des « intérêts de l’enfant », et qui n’utilisent jamais les mots d’élèves, d’écoliers. L’échec scolaire serait un problème d’ajustement technique du temps. Ils relativisent donc l’échec scolaire, se concentrant sur les attitudes, les comportements, relayant au second plan les dispositifs d’apprentissage des savoirs, dont l’obsession de la diminution du temps scolaire. Il faut donc lutter contre ces arguments. La réformer les rythmes scolaires s’oppose à la refondation de l'école.

Des objectifs  à atteindre

Les luttes sociales devraient viser davantage les présupposés idéologiques car Il n’y a jamais eu d’amélioration des résultats scolaires constatée dans les bilans des expérimentations qui ont eu lieu.

Au sein de l’école publique, nous  constatons en même temps une dénationalisation une externalisation de l’EPS déléguée aux communes (primaire) avec offres différentes d'une commune à l'autre. Une marchandisation avec l’entrée de sponsor. Par exemple : (Total sponsor!). Une déspécialisation de l’école, la mise en concurrence dans l’utilisation des installations sportives.

Pour militer et avancer, nous avons à prendre en compte les quatre acteurs :

-        Éducation nationale

-        Collectivités territoriales

-         Familles

-         mouvement sportif

Chacun dans ses missions, visions, modalités d’action spécifiques, doit se rénover à l’aune de ses spécificités et de ses complémentarités pour atteindre l'objectif ambitieux d'une culture commune tournée vers la lutte contre les inégalités.

L’école : Le SNEP propose de revaloriser le sport scolaire dans le primaire sur des pratiques omnisport. Les communes doivent s’investir pour l’école sans  se substituer à  l’Éducation nationale.

 

Jacqueline Madrennes,  (PAG), adjointe au maire d’Echirolles, en charge de  l’éducation,  la restauration, au temps de l’enfant.

L’éducation populaire est constitutive de nos orientations. On organise le temps libre avec des centres (il y en  a eu jusqu’à huit), avec pour souci d’éduquer à l’environnement à travers les activités physiques de plein air, de montagne. On est entré dans la réforme des rythmes scolaires dès 2013 en tant qu’opportunité d’approfondir la réflexion sur la place de l'enfant dans la ville et des actions positionnée dans la continuité éducative  du service public national d'éducation auquel nous tenons.  La ville d'Echirolles a toujours proposé un accompagnement et une organisation du temps de loisirs. Actuellement, nous proposons de multiples activités – sportives, culturelles, de découverte  du milieu   environnemental, sur le développement durable, de la montagne, la citoyenneté, les sciences.  L'échec scolaire est une réalité depuis le début de l'école publique. L’ajustement du rythme ne répond pas à l’inégalité scolaire dans un système au service d’un utilitarisme économique et qui conserve les écarts. Notre hypothèse : les enfants ne rentrent pas de la même manière dans l’école ; il faut donc leur proposer des occasions de s’outiller, de s’ouvrir, d’apprendre des choses (c’est une façon de prendre en compte les inégalités sociales et culturelles). Certains enfants sont armés, possèdent le langage, les repérages dans le temps, les perspectives par la famille… On propose des activités sportives, culturelles, mais pas forcément institutionnelles,  par la Maison du graphisme, la Maison des écrits, les musées. Le principe : utiliser au mieux les ressources de nos territoires. On contextualise ce lien social qui s’effiloche. Constat : Les éducateurs leur proposent des activités éducatives et interviennent dans les écoles : sports, MNS à la piscine, sans les enseignants.

Nous avons repensé complètement l’école municipale des sports : mobiliser les clubs, les animateurs en EPS de 16h à 17h30. C’est compliqué en raison du cloisonnement des activités dépendant de plusieurs services. On a changé de culture.

 

Les valeurs du Front de gauche

Comment travailler avec nos valeurs Front de gauche sur la place de l'enfant dans la ville? « Laïcité, vivre ensemble, lien social » ces valeurs sont portées par les enseignants, animateurs, parents : réunis dans un pacte social dans la ville. Il y a une construction politique de toute la communauté éducative pour donner du lien, construire une identification collective autour de propositions thématiques dont le sport. L’objectif est d’outiller les enfants, de donner des clés et des codes pour mieux se mobiliser dans le cadre scolaire. On travaille avec le GFEN qui s’engouffre dans des choses intéressantes.
Les indicateurs sociaux de précarité sont très forts. On peut rentrer dans l’école par l’intellect certes mais aussi par  le corps, l'échange, les perceptions. Il faut prendre en compte la globalité de l’enfant, sa socialisation. Il apprend à se penser lui-même avec les autres. Il faut associer les enfants à cette transformation.

 

ECHANGES

Dolorès Gomariz, (vice- présidente de l’office municipal des sports à Pont de Claix. Qu’en est-il d’OSE à Échirolles, qui a englobé l’OMS ? (Jacqueline répond qu’elle n’est pas adjointe aux sports). L’enfant en classe est bien dans un statut d’élève, en situation d’apprendre.

Jean-Paul Tournaire, ancien responsable du SNEP FSU, académie de Grenoble. Ce ne sont pas des rythmes scolaires qui sont mis en place aujourd’hui. Dans les années 60, lorsqu’un « mi-temps » pédagogique s’est en place, il l’a été à l’intérieur du temps scolaire Si, à Échirolles, la réflexion politique a précédé la mise en place de formes d’organisation, ailleurs, c’est l’inverse. Les fédérations, encouragées par le comité olympique à foncer ont déchanté pour certaines, constatant qu’elles avaient moins de licenciés dans les clubs. Les « activités complémentaires » requièrent un débat.

Bruno Diaz, (GU, syndicat CGT Éducation) en maternelle ZEP à Saint Laurent du Pont, militant FOLEP et président du club arts martiaux). Constate l’embarras sur la question : des solutions faites de bric et de broc dans les communes, on bricole avec des contraintes effroyables. Le fondement politique est clair, c’est le transfert de charges de l’État vers les collectivités territoriales et l’accroissement des inégalités, assumé par cette réforme. La CGT refuse en bloc. Il n’y a pas de prise en compte de l’environnement social, économique de l’enfant, ce qui est crucial pour modifier les rythmes de vie.

Il y a une mise en appétit des prestataires de service selon la logique : « on a toute notre place là-dedans, sinon, ce sont les centres qui prendront ». Et c’est la concurrence de tous contre tous.

Quant aux aspects idéologiques en rapport aux sports, de mon point de vue, il s’agit de faire accepter un système de compétition plutôt que d’activités physiques. Dans les petits villages, il est fait appel au bénévolat. Quid de la gratuité de l’accès aux activités éducatives péri- éducatives, qui sont plus chères que la garderie ?

Jacqueline Madrennes. La question sociale est au cœur de l'échec scolaire dans le débat sur l’école. Comment gagner les autres à nos idées (assises nationales du FG), donner à voir une ville FG voulant agir sur la transformation sociale ? Il y a eu cet atelier du Front de gauche  sur la réforme des rythmes scolaires. Comment populariser son travail ? Il y avait de quoi prendre les boules : Pas d’accompagnement de l’institution EN, discussion école par école avec le secteur petite enfance pour trouver des aménagements. 3 partenaires dans ce projet éducatif: école, ville, familles. Il faut aborder les questions sociales relationnelles en interface avec les populations, amorcer des discussions dans les 6 centres sociaux – points d'appui que la ville a conservés - sur le rapport à l’enfant. Travail sur la place des familles: la fin des devoirs à la maison a inquiété les parents. D’où des débats. Il faut se saisir de tout à travers ces débats. On dit « accompagner les familles dans la parentalité »  mais il ne faut pas partir de l’idée que les familles n’ont rien à dire, sont « incapables », il faut les écouter, elles nous en apprennent pour mieux comprendre et mieux s’y prendre. Je suis dans les questions sociales.

Jean-Luc Réfuggi. Le Front de Gauche doit  être implacable sur  la ligne idéologique de cette réforme libérale de l’école: Retour aux fondamentaux « lire écrire compter », et  transfert des autres disciplines sur le mouvement sportif, le bénévolat, les communes. Quelle stratégie adopter ? Entre les communes, et celles dites « rouge » ? Où sont les  différences ?  On peut se saisir de toutes les expériences  pour créer du lien, pour que le maximum de gens s’engagent afin de lutter contre la désespérance. Comment mobiliser ? Ce n’est pas un hasard si les communes se sont déjà substituées à l’État pour l’EPS, la musique, les arts plastiques ! Il y un débat important à avoir sur la stratégie à mettre en œuvre.

Puisque l’EPS est partie intégrante de l’éducation scolaire, deux revendications  s’imposent :

-        faire place à l’EPS dans la formation des enseignants du primaire

-        mettre en place, grâce à la promesse d’  « un enseignant supplémentaire par école » un enseignant qualifié en EPS

-         Proposer pour les animateurs sportifs ÉTAPS, souvent titulaires d’une licence STAPS, une validation des acquis et de l’expérience, (VAE),  avec titularisation. À Fontaine, les écoles municipales de sport sont un pont entre les activités à l’école,  le périscolaire,  les clubs et fédérations.

Les histoires et possibilités des communes ne sont pas les mêmes. Il serait intéressant de mettre autour d’une même table des gens qui ont des analyses de fond communes et des stratégies différentes. C'est au Front de gauche de faire converger ces enjeux pour que le maximum de gens s'engage dans des transformations concrètes, contre la désespérance.

Georges Elzière. Ce mouvement-là est une étape de la libéralisation croissante, l’ouverture d’un marché, avec privatisation possible, d’une activité d’éducation nationale et en particulier du sport, qu'on veut déscolariser. Et qui n’assure pas la même fonction que dans les associations et les clubs. Sur ces idées-là, qui concernent le long terme, on est d’accord. Mais c’est  sur le court terme, qui fait quoi, quelles complémentarités... que çà diverge. Il est indispensable d’avoir une expression politique très claire : la volonté c’est bien d’affaiblir le service public, de mettre en échec les associations.

Alexandre Majewski. Les syndicats et les forces politiques doivent proposer autre chose, plus et mieux d’école, jusqu’à 18 ans, sur des contenus disciplinaires exigeants, qui requièrent du temps pour les apprentissages. Il faut donner plus de temps à l’école en réorganisant l'année scolaire.

Nicolas Amodio, président d’un club de badmington de Domène, initiateur d’une association qui a été à l’origine de l’office municipal des sports (1979) dont il a été le président  pendant 12 ans.

Cette réforme a trois dimensions : un aspect politique, un aspect qui concerne les organisations sportives, et un troisième qui concerne l’enfant. On retrouve le même schéma général : il n’y a pas eu de co-élaboration, on n’interroge pas les enfants, pour les appeler à dire ce qu’ils pensent pour leur donner le sens de la préparation de décisions qui les concernent, s’intéresser, penser par eux-mêmes.

Babette Pepelnjak, maire adjointe PCF au logement et à la démocratie participative à Saint-Martin-d’Hères,  prof EPS, membre du GFEN. Les groupes PCF et  PG étaient contre cette réforme des rythmes scolaires,  persuadés qu’elle ne verrait pas le jour. Mais l’adjoint à l’enseignement, socialiste, a soutenu avec son groupe le principe de cette réforme. De ce fait, il nous a fallu argumenter au sein de l’équipe municipale. Nous avons engagé une concertation avec les enseignants, parents d'élèves et élus. Le débat est retombé. Nous avons laissé la main aux services qui ont travaillé sur l'organisation des horaires. A Saint Martin d'Hères chaque école dispose d'un ETAPS. Au niveau de l'agglo il n'y a pas de travail en commun, on a besoin de débattre au sein du Front de gauche sur ces questions.

Jacqueline Madrennes, lui fait remarquer que tou(te)s les adjoint(e)s-Éducation des villes de l'agglomération grenobloise sont socialistes et tout a été fait pour que les associations d'éducation populaire deviennent prestataires de services dans le cadre de cette réforme Peillon. Dans les villes se posent plusieurs questions concernant les adolescents. A Echirolles, nous avons gardé toutes nos préoccupations concernant l'éducation populaire, son rôle de maillage, de construction de lien et de culture commune entre les enfants et les adolescents. Comment pouvons-nous utiliser et détourner cette réforme? Au-delà des savoirs fondamentaux, comment former des citoyens? Le sport  est aussi un moyen de partager des valeurs.

Jean- Paul Tournaire, estime qu'il est important qu'avant la rentrée 2014 «où  çà va partir dans tous les sens » le Front de gauche dégage des idées et propositions communes.

Gérard Beck, Pour une alternative à gauche (PAG) annonce un bilan désastreux de la mise en route de cette réforme à Grenoble, avec pourtant un investissement de l'ordre de 2,5 à 3 Millions d’Euros!

François Pérez. PCF. Cette journée de réflexions-propositions du Front de gauche  sur le sport est la sixième du genre que nous  organisons depuis le lancement de la RGPP en octobre 2009. A chaque fois, le souci a été de réunir sur une thématique, ou sur le programme sport du Front de gauche, élus, militants associatifs et sportifs, éducateurs, parents. La question posée, au delà du débat sur les contenus à mettre en œuvre, est celle des débouchés, des prises en compte. La presse écrite fait écho à ces initiatives. Mais celles-ci ne sont pas relayées sur le terrain. Nous devrions envisager des initiatives plus spectaculaires, des épreuves qui se tiendraient sur la place de Verdun à Grenoble, par exemple.  La situation doit permettre de faire avancer la réflexion pour que le sport soit un droit accessible à toutes et à tous. Les élections municipales sont l'occasion, pour les candidats Front de gauche aux municipales de faire porter ce débat auprès de l’électorat sportif, auprès des enseignants.  

 

II.            LES ÉQUIPEMENTS SPORTIFS

 

George Elzière, président de la Fédération française des clubs alpins,  conseiller municipal à Seyssins

 

Pour les sports de pleine nature, l’accès aux espaces de pratiques se pose aussi. La coupure (entre ceux qui l’ont et les autres) est aussi radicale. Comment fait-on prendre en charge collectivement l’accès à ces pratiques ? Pour la totalité de la France et des activités, le modèle est celui de l’accès payant et privatisé, y compris avec biens publics gérés ou revendus à des particuliers à cause de la pression financière, de l’endettement. Quelle que soit la couleur politique de l’équipe municipale, la question est celle du financement de l’activité sportive.  Consulté par le conseiller Sports d’Ayrault, il a demandé de l’aide pour les quartiers nord de Marseille : aidez-nous à proposer des activités de pleine nature ; la réponse fut :   amenez-les dans les calanques. Mais qui va les transporter, payer le coût ? On demande au mouvement sportif de prendre en charge des actions sans mettre sur la table des moyens publics.  L’escalade ? Prenez une entreprise à but non lucratif et faites payer aux pratiquants le prix réel. Voilà le principe ! Le financement se fait de plus en plus par les utilisateurs.

On finance la création d’un équipement et puis ensuite on ne donne plus un sou pour son fonctionnement. La situation est catastrophique dans la banlieue parisienne qui  en moyenne ne possède que le treizième de l’équipement moyen de la France !

Une loi sur le sport va être adoptée d’ici deux mois ?  80% de l’investissement est laissé aux collectivités territoriales : pas d’autre solution que la privatisation.

 

Jean-Paul Tournaire, ancien secrétaire académique du SNEP.

Le premier point, c’est l’insuffisance des équipements, mesurée en fonction des besoins de pratique, va croissant.

Le second,  c’est la grande diversité des besoins, de plus en plus. Or les équipements traditionnels ont été construits à partir d’un modèle compétitif masculin. Quelle est leur fonctionnalité ? Ainsi, nous avons des pistes d’athlétisme de 400m qui servent à la fois aux clubs et aux élèves, dont les besoins, sont différents. Il y a eu une période où l’Éducation nationale construisait ses propres équipements, adaptés aux besoins des scolaires. Ce n’est plus le cas.

Le troisième point,  c’est le vieillissement de ces installations, qu’il faut réhabiliter. En Isère, nous avons de nombreux où la réhabilitation est nécessaire. Par exemple,  le stade nautique d’Échirolles, seul bassin en capacité jusqu’ici d’accueillir des compétitions. Il y a aussi  les gymnases qui datent.  Il n’y a pas de politique nationale concernant les équipements sportifs. Il n’y a plus de direction nationale de la Jeunesse et sports. Au cours des années soixante, nous avions des lois programmatiques de construction d’équipements sportifs et sociaux-éducatifs   Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Dans les collèges, on se contente de demander aux élèves de « savoir-nager ».  C’est bien peu. À cause des noyades. Mais… Il est écrit « tous les élèves sauront nager en entrant en 6ème ». Mais….. Le CNDS offre  « une enveloppe réservée aux « savoirs-nager », prône la multiplication des constructions et rénovations de piscines. Pour ce faire, il affecte  27% de ses crédits d’équipements soit 15 millions d’euros en tout et pour toute la France! Une somme ridicule qui représente la moitié d’une piscine. Les communes ont très largement subvenu aux moyens d'équipements sportifs. Les départements et régions ont la responsabilité de construire les équipements nécessaires pour  les scolaires. Ceux-ci, bien pensés, bien localisés, pourraient servir aux associations. Elles abordent peu ces possibilités de construction, car il semble difficile de réunir autour d’une table pour en décider, enseignants, parents, élus, techniciens. Nous assistons à une privatisation par délégation de service public, par PPP (la commune paie alors pour utiliser l’équipement. C’est le cas également, avec la DSP sur le stade des Alpes construit par la Métro.

 

ECHANGES

Sadok Bouzaïene, ex élu au développement socio-sportif à Grenoble. A initié un grand projet : cent jeunes à 4000m pour les quartiers en lien avec des associations,  petits clubs, collèges et lycées de Grenoble.  Le problème important c’est la question du coût : comment faire diminuer le coût pour les familles (qui inclut la sécurité, l’équipement, l’assurance, afin de se conformer aux lois) ? Les familles ne peuvent pas aider leurs enfants. Et aussi et surtout, il y a la question des femmes qui ne reçoivent que 11% de tous les budgets sport de la commune de Grenoble. Sadok Bouzaïenne pense que le Front de gauche devrait proposer aux collectivités de créer un passeport pour les activités sportives, favorisant une pratique ouverte à tous.

Antonietta  Pardo – Alarcon, adjointe à la culture et à l’égalité Hommes-Femmes à St Martin d’Hères. Samedi 1er février le stade des Alpes accueille le match France Angleterre de rugby féminin comptant pour  tournoi des cinq Nations. Si les joueuses apprécient de jouer dans un grand stade confortable, à l’inverse, elles souhaiteraient une médiatisation à la hauteur de leurs performances. Pas un seul mot sur ce tournoi dans le quotidien L’Équipe.  Il y a un progrès au niveau de France télévision.   Mais pour ce qui est de la couverture des sports féminins, ça reste faible.  En dehors des grands rendez-vous comme les jeux olympiques, les compétitions pour les hommes embarquent tous les programmes. Pour ce qui la concerne, la ville de  Saint-Martin- d’Hères a fait le choix  de mettre à disposition des activités sportives des équipements  dans un souci de service public offrant une palette d’activités pour tous : clubs, écoles. En ce qui concerne la métropolisation, il y a un besoin de rencontres. La question des femmes est  aussi une approche philosophique et culturelle. Mais l'éducation à l'université  se réduit à la seule mission de former des travailleurs. Quid de la formation du citoyen ? A qui la tâche? On est encore loin d'une représentativité Hommes- Femme équilibrée, dans les pratiques sportives!

Jean-Luc Réfuggi. L'accès aux équipements est une question centrale. Le pessimisme ambiant est fort : pour la première fois à Fontaine le budget ne prévoit pas de création d’équipement sportif. On se tourne vers le Maire, l’intercommunalité, la métropole : comment on intervient, comment on fait intervenir les citoyens et sportifs sur cette question-là ? L’OMS de Fontaine questionne les listes sur les grands enjeux nationaux : sur les rythmes scolaires ? Pour financer le périscolaire dans ce cadre, va-t’en supprimer les classes de neige, réduire les heures d'ouverture de la piscine? Le budget jeunesse et sports ? Quelles seront les incidences de l’acte 3 de la décentralisation et celles de la future Métropole qui compte désormais 49 communes et plus de 400 000 habitants ?

Méfiance : La piscine du lycée Argouges à Grenoble, a été rasée après avoir été « remise » par la région (responsable des lycées) à la ville. Comment agir pour préserver les équipements de proximité, pour obtenir une orientation différente? Le Front de gauche devrait être beaucoup plus offensif sur la question des  pratiques sportives, interpeller les listes aux municipales, en faire un axe essentiel pour  que çà bouge au plan national.

François Pérez. Cette bataille pour l'aménagement du territoire nous devons la mener en exigeant de la part des institutions, des fédérations sportives, un peu plus de démocratie, de consultation concertation. Les élus de la Métropole Grenobloise en charge du stade des Alpes, n’ont jamais daigné rencontrer les animateurs du groupe de supporteurs du GF38.  C’est une revendication à porter parce que l’aménagement équilibré des territoires dits pertinents, est un combat pour l'égalité d'accès de tou(te)s aux pratiques sportives. Les communes financent le sport à plus de 65 %, et les investissements à 75 %.  Les grands équipements sont concentrés sur la ville centre et les villes de la couronne immédiate. Beaucoup datent de l’essor de la ville au moment des jeux olympiques d’hiver en février 1968. Et beaucoup sont vétustes, inadaptés. Le plus grand bassin de natation à Grenoble date de 1936. Il est ouvert et ne fonctionne que deux mois par an.  Dans les autres communes du département, les équipements sont éloignés, les élèves passent plus de temps dans les transports que sur le terrain ou dans le bassin.  On assiste à un recul de la résistance face au transfert des charges. « Réduire la dette, la dépense publique ». Cette litanie lancinante pèse sur  les élus qui s’adaptent en reculant. Au sein des clubs, on s’ajuste aux reculs,  on fait payer les licences de plus en plus chères, on multiplie les tombolas et jeu de loto, on se débrouille à l’aide de relations personnelles.  Comment faire pour politiser les questions du sport ? Les élus PCF de Grenoble se sont abstenus sur une délibération visant à privatiser la tribune présidentielle du stade Lesdiguières où joue le FCG Rugby.   Pour le stade des Alpes, même avec le soutien du GF38, des groupes de supporteurs,  aucun élu contacté ne s'est exprimé au conseil de la métro, pour relayer la demande de débat sur le délégation de service public confiée à une société privé qui perçoit un million d’euros de subvention pendant quatre ans pour combler un éventuel déficit.  La qualité de nos relais dans les institutions territoriales n’est pas bonne. Aurons-nous des élus en situation de se faire l’écho de nos préoccupations ?  A nous de nous faire entendre.

George Elzière. Qui exprime les besoins ? Quels sont les projets des fédérations ? Pour qui ? Elles font leur politique et sont en concurrence entre elles. Comment augmenter le financement du CNDS?

Bruno Diaz pose la question des subventions aux clubs d'élite. Chambéry subventionne beaucoup le hand-ball professionnel. Il pose la question de l’utilité sociale : stade des Alpes, stade de Nantes, (90 millions Région, Département, Commune) utilisés très peu de temps et par des équipes d’élite : on y trouve un resto, des boutiques de luxe,  aux abords des hôtels de luxe. Pendant ce temps-là, les écoliers de Saint Laurent du Pont prennent le car et une demi-journée sur leur temps scolaire pour avoir une demi-heure de piscine à Voiron. Quel gâchis! Quelle place faire au sport de haut niveau ? On laisse toute la place politique aux fédérations qui cherchent la « visibilité » médiatique pour engranger des pics d’adhésions. Quelle place devons-nous faire aux pratiques sportives pour tous ?

Jean-Luc Réfuggi. La  région Rhône-Alpes alloue 0,82% de son budget au sport. De ce point de vue, elle se situe à l’avant-dernière place nationale. Dans le denier bulletin trimestriel RA tiré à plus d’un million d’exemplaires, l’élu, porte parole du Front de gauche, se félicite de la part donnée à l’investissement dans les équipements. On se demande ce  que portent nos élus dans cette instance ? (Eh oui, François Auguste,  ç’aurait été bien qu’au moins tu sois là et que tu entendes. L’Isère compte deux élus à la région, mais pour quel relai ? Plutôt que de sport d’élite, il vaut mieux poser la question du sport professionnel ; il faut créer le conflit pour que cela soit mis sur la place publique.

Antonietta Pardo Alarcon. Nantes est une ville engagée dans la concurrence, « créative », comme Toronto, Berlin, Lyon : énormément d’argent s’y trouve brassé. Qui a été à l’origine de ce développement-là ? La concurrence entre territoires s’accentue. Grenoble veut évoluer dans la  perspective d’une Europe des régions débarrassée des départements et communes.

Jean-Paul Tournaire.  Oui, la question de la diversité des besoins est essentielle. La fréquentation de la piscine a un aspect familial, un aspect hygiénique, pas seulement sportif. Pour ce qui est de la métropolisation, si on éloigne les lieux de décision des lieux de pratique, les plus riches vont passer devant.

A.Majewski. En ce qui concerne les équipements, les collègues sont résignés, tentent des mobilisations mais se heurtent à des murs ; ils s’adaptent, font de l’EPS dans des conditions très mauvaises. Notamment en raison du temps de transport : à Vienne, sur un créneau de deux heures de sport,  nous perdons une heure de temps de transport et de vestiaire. On a des objectifs, ex « savoir nager » mais sans les moyens de les atteindre. C'est la concurrence entre les différentes structures pour l'utilisation des équipements qui engendre les difficultés. La seule perspective c'est d'aller vers une pratique démocratique de masse.

Bruno Diaz. En effet, çà pose la question de la destination des équipements sportifs. On ne peut pas passer à côté de la condition des travailleurs sportifs. Quel statut ? Quelle rémunération ? Quelle sortie professionnelle ?

Nicolas Amodio. Approfondissons les questions les plus importantes. Quand on n’arrive pas à toucher les élus, c’est par manque de démocratie et d’écoute. Est-ce qu’on est acteurs ou consommateurs ?

Sadok Bouzaïene. La question de l’équipement se pose-t-elle en termes de communes ou pour pallier le recul de l’État au niveau intercommunal ? Quel positionnent du FG / aux Municipales?

 

III.          VIE ASSOCIATIVE, DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE, CITOYENNETÉ

 

Jean-Luc Réfuggi, membre du bureau de l’office du mouvement sportif de Fontaine.

Les gens partent du constat : rien ne changera, rien n’est possible, toute lutte est impossible. Comment éclairer l’horizon et se mobiliser ? Des propositions concrètes du FG existent, cf le 4 pages de 2012 reformaté par G. Beck. La démocratie doit devenir constitutive de la vie sportive – plus représentative des populations concernées, d’acteurs et non de consommateurs. Différence d’avec les pratiques dans les clubs privés ?  Simplement moins cher ? Comment on associe aux prises de décision les adhérents des associations pour bâtir une démocratie d’intervention ?

La vie associative est un élément pilier de la démocratie, dit le Front de gauche, mais sur le terrain il y a des difficultés. La subvention ne doit pas être liée à un contrat d’objectifs. Où en est la dynamique des offices municipaux des sports, y compris dans les villes Front de Gauche ?
Il faut l’indépendance du mouvement sportif de la politique municipale, mais pas du politique. L’échelon communal est l’élément central sur lequel il faut s’appuyer pour enclencher une dynamique en profondeur de transformation  des pratiques.

Comment le mouvement sportif peut se saisir des municipales pour faire entendre ses revendications ? L’activité de réflexion doit être permanente. Sur quels leviers on peut s’appuyer pour faire vivre cette démocratie ?  L’adhésion consiste à remplir un papier et signer un chèque ! La communication est réduite. L’AG se limite à l’exposé du bureau, aux votes, et il n’y a aucun débat sur le fond, la diffusion de  message ? Comment on échange ? Sur quels leviers s'appuyer pour faire vivre la participation citoyenne dans le mouvement sportif? Comment informer les adhérents? Le mot club est polysémique. Je pense qu’il faut  lui préférer le nom d’association. Le moteur, c’est la convivialité ou l’analyse des pratiques ? Le bureau élu décide de tout, il fait tout : Il y a conflit entre la place des dirigeants (bénévoles) et la place des professionnels qui sont rémunérés.

Comment au niveau local réfléchir au national ? Quels rapports avec les élus de proximité, avec les institutions du local au national avec une volonté d'aboutir à des changements réels? Sommes-nous prêts à transformer nos propres pratiques ?

Antonietta Pardo Alarcon, adjointe à la culture à Saint - Martin-d’Hères

Avant 1914 les femmes étaient exclues de toute pratique sportive. Le sport est une vitrine politique, surtout de la force masculine.  Des corps beaux (cf Nadia Comaneci : une jeune fille qui s’invite dans l’imaginaire). Le sport a été utilisé par les grandes idéologies de la guerre froide. Pour ce qui est de la médiatisation du sport féminin, il y a un plafond de verre. Il y a 37% de femmes (63% d’hommes) parmi les pratiquants. Pour les licences, il y a trois fois moins de femmes, pour la compétition, il y en a quatre fois moins.   Il existe des freins communautaristes: à SMH sur cinq city- stades, il n’y a que des garçons.  L’offre est-elle adaptée aux filles ? Pour les horaires : le moment pour les femmes à deux enfants : c’est le mercredi, mais l’offre est raréfiée.  Il faut ouvrir les gymnases, les lieux publics entre midi et 2. Les lieux commerciaux sont largement ouverts, les bibliothèques non, pas le dimanche, jour où les femmes se détendent. Dans les contrats d’objectifs et de moyens : équilibre femme/homme ; à égalité dans le basket, espoirs rugby (à vérifier) mais pas dans le foot. Pourtant des leviers existent dans la loi: financement, parité. C’est par l’école que les femmes ont été amenées à la pratique.

 

ECHANGES

 

Bruno Diaz. Au dojo de judo USEP, la pratique est familiale, parents et enfants ont un vécu commun.

Georges Elzière. La féminisation est un objectif du ministère. Une part non négligeable des subventions est destinée à  la promotion des femmes.  Elles sont 37% dans les fédé et 31% parmi les responsables. C’est vrai de tous les sports de nature (48%). Dans sa fédé (il en est président depuis 5 ans), on a beaucoup posé aux adhérents la question de l’utilité sociale. On a accueilli les propositions venant des jeunes : slackline, highline, encourageant les initiatives. Ce ne sont pas les fédé qui doivent dire ce dont a besoin la société ; on va vers un pilotage par les grosses fédé faute de participation de l’État.

Antonietta note des avancées: 11 femmes à la tête de fédérations nationales dont 5% à la direction technique nationale.

Alexandre Majewski. L’UNSS se rapproche de la parité F/G. 47% de filles ont une licence. Le SNEP a une réflexion sur les contenus EPS H/F. L'école permet de réduire les écarts.

Jean-Luc Réfuggi. Qui dit parité ne dit pas égalité. En équitation, il y a 98% de femmes. Et la mobilisation  a été massive. Le temps de pratique disponible pour les femmes en journée, semaine, congés : le matin/ gym d’entretien, gym aquatique (300 sur 700) pratique comme à la gym club !

La FNOMS manque de respect vis-à-vis des femmes en autorisant une femme afghane voilée à l’épreuve de natation à Londres. Que met-on en œuvre pour que les hommes comme les femmes s'emparent des questions liées à leur pratique sportive, à leur disponibilité – sur la journée, sur l'année -  pour ces activités? Comment se prendre en charge, dynamiser une pratique?

Quant aux subventions, fil à la patte : transparence, autonomie, responsabilité vis à vis des élus,  indépendance, sont des principes à respecter.

Christian Robillard. En tant que dirigeant il faut être volontariste pour élever le niveau de conscience: par exemple sur la question du voile aux Jo de Londres, défendre les valeurs de laïcité.

Jean-Paul Tournaire. Que différentes organisation à Grenoble se mettent ensemble pour monter une initiative qui accélère la réflexion sur cette question de l’égalité hommes/femmes. Subventions par contrats-objectifs : tout dépend des objectifs fixés. À la Libération, il y a eu un objectif de développement du sport dans la commune. Objectif de progression, de développement, lié à la politique municipale, avec un adjoint aux sports avec une indépendance reconnu dans la définition des choix. Le mot évoque la démocratie ? Pas toujours. On a souvent le nez dans le guidon. Le développent des regroupements de clubs pour devenir plus forts, plus structuré, est lié à la professionnalisation des gestionnaires, bénévoles au départ, de plus en plus éloignés des pratiquants.

Bruno Diaz. Comment peut-on accroître la participation des adhérents : j’ai fait tout seul jusqu’à il y a trois ans. Quid de la pratique isolée, avec quelle organisation et participation? Laisser les portes des stades ouvertes, mais est quant est-il de la sécurité, du suivi médical ?

Antonietta Pardo Alarcon. Et la pratique familiale, ou entre amis – l’ère numérique nous bouscule: flashmobs, Zoumba, Salsa, golf. Pour ce qui est des pratiquants d’âge scolaire, on constate une courbe descendante au fur et à mesure de l'avancée en âge des  filles. Il faudrait organiser « de vraies assemblées citoyennes avec des participations féminines pour encourager à poursuivre.

Sadok Bouzaïene. Il y a un déficit important des plages d’ouverture pour répondre aux besoins de tou(te)s. Pour les associations, il faut un financement qui ne se fasse pas au coup par coup. Il doit y avoir des critères H/F, et de diversité sociale. Le FG sur Grenoble et agglo, peut proposer  des moyens à mettre en œuvre pour des pratiques différenciés, par exemple avec la gratuité des transports, avec des contrats d'objectifs négociés ente ville et responsables associatifs. Dans cette optique il y besoin de former des dirigeants aux tâches de gestion, administration, communication.

Carole Exbrayat, candidate aux municipales sur la commune de Claix liste Gauche et écologie

Pour les Arts-culture-sports (quelle aime bien associer) - coopération décentralisée - démocratie participative. Dans les groupes artistiques, il y un homme pour 145 femmes. Arts et sports ont en commun une recherche du bien être, d’un lien social  à travers le corps, ex danse. Il faut dit-elle, se défier des représentations tant pour les hommes que pour les femmes. Pour les pratiques isolées, elle propose pour sa commune une plateforme web pour co-voiturage, des services mutuels, « on sort ce soir » et donc, pour les envies d’activités sportives.

François Pérez. Quel statut pour le bénévole ? En France il a près de 20 millions de bénévoles. Le sport est celui qui en compte le plus, retraités pour l’essentiel, encadrant les clubs de quartiers, de communes.  Les bénévoles du sport vieillissent et se renouvellent peu. Ils sont peu à peu remplacés par des cadres rémunérés. Le bénévolat progresse dans l’humanitaire, l’environnement, la solidarité internationale. Mais il est factuel, temporaire. Il y a mobilisation dans l’événementiel ; on vit dans le temps présent, l'émotionnel: flashmob, zumba ... mais çà ne fait pas société. On ne construit pas de « vivre ensemble ». Comment renouveler les formes de bénévolat, en permettant à des salariés d’adapter leurs horaires, en les mettant  à disposition des associations qui en acceptent le principe. Il ne faut pas lâcher sur le statut du bénévole, en reconnaître ses mérites, lui permettre de se former, voire, de bénéficier de validation des acquis. Ceci dans le but de favoriser aussi l’implication des femmes. Peu d’entre-elles président une association, un grand club. Le sport est masculin. Il n’accepte pas volontiers de reconnaître l’égalité, l’apport au féminin. En ce sens, on peut dire que le sport des femmes est subversif, car il s’attaque aux stéréotypes et préjugés, vient bousculer les idées reçues, les clichés discriminants. Le statut du bénévoles est aussi une condition du développement de la démocratie dans les instances sportives. A Grenoble,  nous avons eu un atelier FG pour élaborer une fiche « Sport », en vue d’aider les candidats, faire des propositions. Nous montrons que la frontière entre le sport et la politique n’existe pas

Jean-Luc Réfuggi. Oui, mais comment la faire porter ? Il y a le problème du statut de l’élu. Pour faire tourner la boutique longtemps il faut un plus grand nombre de gens, sinon, on explose. En ce qui concerne les créneaux horaires des équipements, souvent il s’agit d’une pratique d‘entretien,  collective et individuelle. C’est une tendance sociale de fond. Les gens « en entretien » font vivre le club : d’où augmentation du temps d’occupation. La difficulté réside souvent à partager le pouvoir, de mettre en cause « la fierté d’être aux manettes ». La personne se valorise dans la responsabilité : comment engager un processus de transformation?

Alexandre Majewski. Les activités de pleine nature ou hors stade de pratiques individuelles sont en croissance. Cela suppose pour un dirigeant sportif, de réfléchir à la meilleure manière d’amener tel coureur à devenir un licencié acteur d’une association. Il est fondamental de laisser aux isolés l’accès aux équipements (stade) pour des rencontres et des possibilités d’adhésion. L’événement sportif est toujours populaire. Quant à l’égalité F/H, il faut transformer les représentations. Sur la culture littéraire les filles réussissent mieux que les garçons.

Nicolas Amodio, titulaire brevet d'état de football, a entraîné de nombreuses équipes dont des équipes féminines.  Quelle est la place des jeunes dans les associations ? Comment s’insèrent-ils ? Il faut aller vers une mutualisation des  moyens dans l’intercommunalité. Le club est un lieu de préparation à la compétition. La réflexion doit approfondir le rôle des OMS  et celui  des clubs dans les communes. Il  propose de mettre en place une structure associant sport et culture à l'école élémentaire qui ne serait pas orientée vers la compétition. Toutes les revendications sont légitimes, mais il convient pour qu’elles puissent aboutir, de prendre le taureau par les cornes.

Jacqueline Madrennes. A l’échelle communale, il nous faut prendre l’ensemble des besoins et des envies,  ouvrir gymnases et piscines mais çà coûte la peau des fesses! Un travail de proximité est indispensable pour mobiliser dans l’invitation : « Soyez avec nous pour défendre les valeurs du FG »

Anne-Marie Gueguen, PCF.  Le temps de la démocratie est un temps long. Refuser la course imposée par le modèle capitaliste mondialisé de la concurrence de tous contre tous, parler plutôt de citoyenneté. Il faut accepter des moments conflictuels dans la construction de propositions et solutions partagées par des publics différenciés. A Grenoble, il existe six conseils consultatifs de secteur. Les projets sont trop souvent présentés par des techniciens des services, des urbanistes et architectes. Ils sont déjà très élaborés et laissent peu de place à la parole et aux avis des citoyens-usagers d'équipements. L’expérience que j'ai eue l'occasion de faire au sein du CCS 6 quartiers sud de la ville, concernait le projet de « Pôle Jeunesse-Sport-Culture ». Il est devenu, parce que les habitants y ont contribué, un bel équipement nommé « Le Plateau » qui rayonne sur quartiers Mistral-Eaux Claires-Lys Rouge-Abry)

 

 François Pérez

Une loi-cadre prochaine prévoit le désengagement de l’État au profit des fédérations. La ministre semble avoir déjà tout décidé. Si le sport est un droit, alors c’est un enjeu de société. Les droits fondamentaux sont de plus en plus piétinés. Les militants du FG doivent affirmer leur fidélité aux valeurs de solidarité, citoyenneté … susciter des mobilisations entre élus, sportifs, parents d’élèves, pratiquants, interpeller leur député. Le code du sport est piétiné : cf discours de x ( ?)  Le 6 janvier au ministère des finances. Aujourd'hui le FG est la seule formation politique à avoir une vision démocratique d'un service public du Sport.

 

Pour toutes informations : francois.perez680@orange.fr

 

 

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