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Candidature de Paris aux JO 2024 : d'abord l'humain ! - intervention au conseil de Paris

Le Conseil de Paris a voté ce lundi 13 avril son soutien officiellement la candidature Paris à l'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024.

 

Nous saluons cette décision d’engager pleinement la ville de Paris dans cette candidature.

 

Le PCF salue l'orientation que prend cette candidature, en tenant compte des exigences portées par les élus communistes quant à une conception humaniste de ce que doivent être les Jeux Olympiques aux 21ème siècle.

 

A partant d'abord de l'humain, nous voulons que la candidature de Paris soit un souffle nouveau pour le sport en répondant aux besoins des populations. Paris, peut être le lieu de la résurgence d'un idéal collectif, universel, soucieux de laisser un héritage pour le monde entier.

 

Si nous voulons des Jeux durables qui mettent le sport au service de l'être humain et de son émancipation, il faut s'attacher à libérer le sport de sa marchandisation et reconquérir l'idéal humaniste.

 

Les élus communistes ont emis le souhait d'une concertation populaire sur le projet olympique. Pour faire entendre les exigences populaires, condition de la réussite des Jeux, le groupe PCF-FDG a proposé la création « des comités populaires pour la réussite des Jeux Olympiques et Paralympiques ». Leur rôle sera de porter les exigences et les recommandations des citoyens.

 

Le groupe PCF-FDG a également fait entendre auprès de la Maire l’exigence de l’engagement financier de l’Etat. Nous proposons un programme pluriannuel national, soutenu par un budget sport à hauteur de 1% du budget de l’Etat. Un programme finalisé au développement des installations sportives de proximité, au développement du sport pour tous, avec un effort important sur l’accessibilité des lieux de pratique, au soutien important du mouvement sportif. C'est un programme que nous inscrivons dans un cadre, que nous appelons « Loi Olympique », bâtie sur une conception du service public des sports moderne et de qualité.

 

 

 

Candidature de Paris 2024 : d'abord l'humain

Intervention de Nicolas Bonnet Oulaldj, Président du groupe communiste - front de gauche au Conseil de Paris du 13 avril 2015

 

 

Madame la Maire, Monsieur le Préfet, mes cher-es collègues,

 

En me demandant "pourquoi organiser les Jeux Olympiques et Paralympiques?", je me suis posé une question : quels seraient les mots que j'aurai envie de dire aux parisiens, au monde entier et au Comité International Olympique, pour motiver la candidature de Paris?

D'abord l'humain. Puis le partage, la solidarité, la joie de vivre librement et de s'émanciper à travers une culture universelle du progrès qu'est le sport.

Nous voulons que la candidature de Paris soit un souffle nouveau pour le sport en répondant aux besoins des populations. Paris, peut être le lieu de la résurgence d'un idéal collectif, universel, soucieux de laisser un héritage pour le monde entier.

En me demandant "pourquoi ?", j'ai relu ces mots de Nelson Paillou, ancien président du CNOSF, qui a accueilli à Paris le congrès du centenaire du CIO en 1994. Après un siècle d'olympisme, il nous disait :

"Si l'on veut que le sport ait un avenir, il faut qu'il soit humain. S'il échappe à l'homme, il disparaitra, comme il a déjà disparu par le passé. Mais il peut disparaitre par la perfidie, l'arrivisme des hommes ou la rentabilité abusive des pratiques sportives".

J'irai plus loin que lui. Si nous voulons des Jeux durables qui mettent le sport au service de l'être humain et de son émancipation, il faut s'attacher à libérer le sport de sa marchandisation et reconquérir l'idéal humaniste.

Sur les contradictions qui traversent l'olympisme, Nelson Paillou nous disait que "l'essentiel est d'en parler, sans doute, mais ce n'est pas suffisant. Il faut convaincre, triompher pour qu'au troisième millénaire ce ne soit pas les jeux du cirque qui s'imposent mais le sport humaniste qui triomphe".

En définitif, l'avenir des Jeux dépend de la manière dont les forces du progrès dans le monde seront capables de les inscrire plus étroitement dans la logique de la déclaration universelle des droits de l'Homme, vers plus de démocratie, de paix et de justice sociale.

Si nous voulons une candidature qui rassemble largement, qui soit utile aux populations et aboutisse, il faut parler franc et être lucide. Nous entendons des critiques justes sur les dernières éditions, elles seront un atout si nous en faisons des exigences populaires et les conditions de la réussite des Jeux du 21e siècle.

Pour cela, nous proposons de créer « des comités populaires pour la réussite des Jeux Olympiques et Paralympiques ». Leur rôle sera de porter les exigences et les recommandations des citoyens. Je pense d'abord à ces militants qui font vivre le sport. Écoutons leurs demandes, notamment en termes d'accès au sport pour tous, de développement de l'EPS à l'école, d’équipements et de financement du sport. Mon collègue Sergio Tinti reviendra sur ces aspects.

Nous devons anticiper ce que sera le monde en 2024. Alors que la situation internationale est marquée par l'accroissement des inégalités et de nombreuses guerres, la solidarité entre les peuples est de première importance. Nous devons construire une voie solide, universelle, pour un monde de partage et de progrès dans lequel le sport joue un rôle essentiel de formation des citoyens du monde.

Notre candidature peut s'incarner à travers des symboles forts. Parlons de partage en mettant fin à la frontière du périphérique par l'écriture d'un trait d'union entre Paris et sa banlieue. Ou encore, garantir l'égalité entre les femmes et les hommes et la mixité des compétitions sportives en s'appuyant sur le combat initié à Paris dès 1921 par Alice Milliat. Nous devons vaincre le racisme et l'antisémitisme et nous inspirer de celles et ceux qui se sont mobilisés en 1936 contre la récupération des Jeux par les nazis. Nous pouvons incarner des jeux écologiques avec, par exemple, la reconquête de la Seine et de la petite ceinture ferroviaire pour des déplacements non polluant. Et plutôt que la pollution mercantile de l'espace public par les sponsors, menons un travail de mémoire, en suivant l'exemple du voeu que nous avons adopté pour nommer Bercy Arena Alain Mimoum.  

Cette candidature doit être le symbole de la relance économique : un accélérateur pour l’emploi et l’aménagement des territoires déshérités. Les investissements publics doivent répondre aux besoins des populations plutôt qu'aux intérêts privés.  

L’idée d’une candidature « low-cost », défendue par ceux qui ne veulent pas mettre un centime, ne serait rien d’autre que la poursuite des politiques d’austérité.
Pour nous, la question est tout autre, le plus important c'est l'héritage laissé aux populations en accord avec nos engagements. La construction du village olympique sera un plus pour le logement social et étudiant, le développement des transports en commun est un atout pour lutter contre la pollution ainsi que pour l'accessibilité des personnes à mobilité réduite.

Mais nous devons agir fermement pour que l'État s'engage sur un budget ambitieux.
Travaillons, dès maintenant sur un plan de financement pour les 9 ans à venir. Aujourd’hui le budget national consacré au sport est ridicule : 0,14% ! C'est l’occasion de relancer la mobilisation sur le financement du sport à hauteur de 1%.
Une loi olympique pourrait parfaire la description de notre mobilisation sur la place du sport en France et les conditions de son financement.

Madame la Maire, mes cher-es collègues, si nous avons une carte à jouer, c'est celle d'une candidature différente ancrée dans des valeurs humanistes avec une ambition nouvelle pour le sport.

 

 

Paris 2024 : les 3 piliers d'une candidature populaire

Intervention de Sergio Tinti, président de la 7e commission, conseil de Paris PCF/FDG  et conseil délégué au sport du 19e arrondissement.

 

 

Madame la Maire,

 

Un grand projet sportif, tel que les Jeux Olympiques et Paralympiques, doit être l’occasion d’une mobilisation populaire exceptionnelle, impliquant les Parisiens et les Franciliens.

Le sport est un opérateur de changement. Il faut s’emparer des potentialités de la candidature de Paris aux Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, pour amorcer la réforme de la place du sport à Paris ainsi que dans notre pays.

Nous ne sommes pas les seuls à en être convaincus. En amont du vote dans les derniers Conseils d’arrondissements du mois de mars, le Comité des Offices du Mouvement Sportif Parisien s’exprime non seulement en faveur des JO, mais aussi sur la nécessité d’un engagement important et ambitieux de l’Etat sur la durée. Nous partageons cette conviction.

Cette ambition ne peut se contenter d’un budget national du sport à 0.14%. Nous demandons un programme pluriannuel national, soutenu par un budget sport à hauteur de 1% du budget de l’Etat. Un programme finalisé au développement des installations sportives de proximité, au développement du sport pour tous, avec un effort important sur l’accessibilité des lieux de pratique, au soutien important du mouvement sportif. C'est un programme que nous inscrivons dans un cadre, que nous appelons « Loi Olympique », bâtie sur une conception du service public des sports moderne et de qualité.

C'est ce même service public qui aujourd’hui est remis en cause à Paris dans un long conflit qui,  né sur des revendications de « prime du dimanche », se transforme en confrontation entre droit aux pratiques sportives et droit à une juste rémunération.

« L’amour de Paris pour le sport » ne peut pas s’envisager en dehors d’un service public du sport de qualité.

C’est bien pour l'amour du service public que nous pensons que le sport doit être le premier bénéficiaire de l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques à Paris en 2024. 

Cette candidature ne pourra donc pas créer de dynamique si nous ne l’envisageons pas comme un investissement.

Un investissement économique, c'est ce que nous appelons l’héritage des Jeux - sur lequel mon ami Nicolas Bonnet s’est déjà exprimé, en réponse aux besoins et exigences des populations.

Mais c'est aussi investissement humain. 

Comment faire pour que notre candidature s’imprègne d’une dynamique populaire ? Comment réussir la fête avec les populations ? Comment garantir une connotation populaire à cette « loi Olympique » que nous demandons avec le mouvement sportif et quelle cohérence avec notre projet de société ?

Trois piliers pour donner un sens populaire à notre candidature :

L’école : du primaire à l’université.

Il faut  s’appuyer sur l’école comme lieu privilégié de démocratisation des pratiques sportives. Il faut s’appuyer sur le sport scolaire, trop souvent négligé, comme un vecteur de transmission de valeurs essentielles à la formation des citoyens de demain. 

 

Les clubs et les associations sportives : organismes dans lesquels se mélangent partage d’émotions et partage de compétences, courroie de transmission des valeurs sportives universelles qui font tant défaut dans notre société aujourd’hui. 

Le mouvement des bénévoles est une belle expression de l’engagement citoyen le plus noble, car désintéressé et souvent indispensable à la pérennisation des clubs d’événements sportifs,  exemple le plus réussi de« l’intergénérationnel » que nous prônons dans notre politique de la Ville.      

C’est dans ce cadre que notre proposition de comités populaires  pour la réussite des Jeux Olympiques et Paralympiques, trouve tout son sens.

A Paris, ces Comités - réunissant le mouvement sportif Fédéral, le mouvement associatif local, le sport scolaire, et les citoyennes et citoyens - pourraient donc voir le jour donnant aux Offices du  Mouvement Sportif Parisien, pour lesquels nous avons demandé une refonte, un rôle de coordination.

Dans ces perspectives, les formes de concertation publique qui seront proposées, devront permettre de faire remonter les exigences et inquiétudes des populations. Afin que même les plus sceptiques puissent être entendus, et que le débat soit constructif.

Il faut que les parisiennes et le parisiens puissent s’emparer de ce débat populaire afin de se réapproprier l’idéal olympique etde réfléchir à ce que signifie « faire société ». 

Si, comme vous le souhaitez Madame la Maire, la candidature de Paris aux Jeux Olympiques de 2024 doit raconter une histoire, selon les conditions que nous proposons, voilà ce qu'elle pourrait  être : l’histoire de la génération 2024, et du Paris que nous voulons lui laisser en héritage.

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